lundi 12 septembre 2016

Je te dirai les mots bleus, les mots qu'on dit avec les yeux.


avec les yeux, 
avec les mains, 
avec le cœur, 
et ce qu'on peut.


Depuis le temps que je tiens ce blog et que j'y raconte mes péripéties d'orthophoniste, je n'ai pas encore vraiment écrit sur l'autisme. Pourtant c'est une part importante de mon travail : je travaille au CRA, a.k.a. le "Centre Ressources Autisme" de ma région, où je fais partie de l'équipe diagnostic, et en CAMSP (Centre d'Action Médico-Social Précoce), en première ligne pour la prise en charge des enfants autistes. 
Mais écrire sur l'autisme, c'est pas facile... 
Si c'est si compliqué, c'est parce que j'ai le sentiment que le suivi d'un enfant autiste, c'est beaucoup de peines, de frustrations, de prises de tête et de déceptions pour quelques très rares moments de lumière. Et parce que, par définition, un enfant autiste a de très grosses difficultés pour parler, mais aussi pour s'exprimer en général, que ce soit par les mots, les gestes, le regard... Alors l'échange, c'est difficile. La progression, aussi. Et le moral est souvent bas, pour leurs proches et leurs soignants. Et c'est d'autant plus douloureux que, retranché dans sa bulle, l'enfant autiste est souvent plein de souffrance et d'angoisse qu'il ne peut exprimer autrement que par des cris, des colères, des gestes violents, ces fameuses crises qui sont, pour le quidam qui y assiste dans la rue, autant de preuve d'une éducation ratée. Les parents d'un enfant autiste n'ont même pas le droit à la compassion des passants, ils doivent au contraire bien souvent subir les jugements et les conseils moralisateurs. Et cet isolement... Comment sortir, voir des amis, quand tout peut être l'occasion d'une crise ? Comment même envisager de confier l'enfant à un parent ou à un ami, quand il peut dégoupiller pour un rien (au yeux de l'autre) qui est tout (pour lui) ? 
Pourtant, les toutes petites victoires sont autant d'occasion de retrouver l'espoir. Ce sont des petites pépites, loin, très loin des rivières de diamants que nous offrent parfois les réussites de nos autres patients, mais qu'il faut savoir savourer. Parce que de victoire en victoire, on construit doucement avec eux le long et sinueux chemin vers la communication retrouvée. 
Bon, c'est bien grandiloquent, tout ça, et pas très funky. 
Mais je te rassure, avec mes petits patients autistes, j'ai eu mon lot de morsures, de jouets cassés, de régression et de tympans vrillés, mais j'ai au aussi de beaux moments. 
Magnéto, Serge ! 


Je ne sais pas quel âge a Adrien* aujourd'hui. Il doit approcher de la vingtaine. La première fois que je l'ai rencontré, il n'avait pas encore 5 ans. Il ne parlait pas. Ne regardait personne dans les yeux. Ne montrait pas du doigt ce qu'il voulait. On ne le comprenait pas, et ça le mettait dans des colères incroyables. Ses parents étaient prêts à tout essayer : la langue des signes, l'ABA, le PECS, le Makaton, la danse à la pleine lune au milieu des douze statuettes de Gladeulfeurha enroulées dans du jambon, et même, même, deux à trois séances d'orthophonie hebdomadaires. 
C'était tellement compliqué de gérer les crises d'Adrien, d'entrer en communication avec lui, de comprendre ce qui provoquait ses colères... J'avais laissé mon numéro de portable à ses parents, chose que je ne faisais quasiment jamais, mais là, bon, c'était Adrien. Ses parents pouvaient ainsi me prévenir en cas de gros souci, me demander conseil en situation d'urgence, m'informer de leurs observations au jour le jour pour qu'on avance ensemble. Un vrai parcours du combattant.
Un dimanche matin, très tôt, j'ai été tirée de mes doux rêves par la sonnerie de mon téléphone (note pour moi même : ne jamais, JAMAIS, choisir son morceau de musique préférée du moment comme sonnerie de téléphone. C'est un coup à la détester en moins de 3 jours, ou alors à louper tous les appels parce qu'on veut écouter le morceau encore un p'tit peu avant de répondre). Très tôt un dimanche, ça veut dire 9h00. Non parce qu'à l'époque, j'avais pas encore de monstroplantes, vois-tu, donc 9h00 c'était méga tôt. 
Et quand le téléphone sonne si tôt un dimanche matin, c'est rarement une bonne nouvelle. Je suis restée un moment, paniquée et pas réveillée, face à mon téléphone qui me chantait de décrocher. Sur l'écran s'affichait le nom des parents d'Adrien, et dans mon ventre mes boyaux se sont instantanément mis à faire des nœuds
J'ai décroché, bafouillé un "allo ?!" tout tremblant. 
Au bout du fil, le papa d'Adrien pleurait. 
J'ai inspiré très fort, faisant reculer le plus possible le moment où j'allais devoir lui demander ce qui se passait. J'aurais voulu raccrocher, faire comme si ce moment n'existait pas, comme si tout ce qui pouvait faire mal à Adrien et ses parents n'existait pas, comme si l'autisme n'existait pas... Mais ça n'était pas possible. J'ai expiré en fermant les yeux. Dans mon téléphone, le papa d'Adrien m'appelait :
- Séco ! Séco ! Je... C'est Adrien !
- Je vous écoute, je suis là, qu'est-ce qui se passe ? 
- C'est Adrien ! Adrien ! ... Il a dit "Papa" !

Il a dit papa. 
IL a dit papa. 
Il a DIT papa. 
Il a dit PAPA. 
Ben, voilà, j'ai pleuré aussi. Un dimanche matin. Parce que Adrien avait enfin dit son premier mot. 
Et aussi parce que ses parents avaient choisi de partager ce moment là avec moi. 
Pfiou... 
Je me souviendrai du premier "papa" d'Adrien comme d'autres des premiers pas d'Armstrong sur la lune : c'est un petit mot pour l'homme, mais un grand pas pour Adrien. 




Bérénice* avait des yeux noirs comme des boutons de bottines, des cheveux bruns, raides et courts avec un épi sur l'arrière de la tête, des taches de rousseur sur le bout du nez, une aversion pour les collants et les leggings et un goût prononcé pour le chocolat au lait. Mais uniquement celui avec une vache violette sur l'emballage. Et uniquement si les carrés étaient coupés deux par deux.
Et c'était un peu pareil pour tout : comme si, mais pas comme ça.
Et comme elle ne savait pas l'expliquer, il a fallu beaucoup d'essais et d'erreurs pour ajuster tout ça.
Et puis, petit à petit, on lui a appris, son éducatrice, sa psychomotricienne, sa "spychologue" et moi, à faire passer ses messages.
Bérénice ne parlait pas, non, mais elle savait nous montrer l'image correspondant à ce qu'elle voulait : elle nous tendait la photo de son doudou pour qu'on le lui donne (un tee-shirt élimé taille 6 mois), ou une image de chocolat pour avoir ses deux carrés de Milka. [NB - ça, c'est du PECS : Picture Exchange Communication System]
Belle avancée !
Et nous sentions qu'elle était capable de plus. Bérénice nous observait, avec son regard en biais, et se mettait à nous imiter. Elle reproduisait nos gestes et nos postures, toujours silencieuse, mais avec application. Alors on a mis en place un autre système de communication : le MAKATON. En MAKATON, on utilise des pictogrammes et des gestes, ceux de la langue des signes. Nous avons d'abord appris le geste "encore". Et puis "donne", "merci" et "s'il te plait". On a continué avec "maman", "papa", "maison", et surtout "boire", "manger", "dormir", et les deux préférés de Bérénice : "doudou" et "chocolat". Ça a été long, très long. Mais à chaque nouveau mot appris, Bérénice s'ouvrait un peu plus, et surtout elle était heureuse, vraiment heureuse, d'obtenir ce qu'elle voulait, de se faire comprendre, mais aussi d'échanger avec nous.
Petit à petit, on a commencé à associer deux gestes : boire+eau, manger+chocolat, doudou+maison, encore+bulles, donner+ballon... Toutes ces associations possible, c'était à donner le tournis !
Bérénice s'amusait. Elle jouait avec ses mains, associait les gestes au petit bonheur la chance et riait des résultats farfelus.
Un jeudi, nous avons appris le verbe "aimer". Bérénice a eu du mal à comprendre. J'ai sorti le doudou, le chocolat, les gâteaux, les bulles, bref, tout ce qu'elle aimait. Et pendant toute la séance, on a décliné le geste "aimer" à l'infini, un infini bérénicien, mais quand même. Bérénice a appris à signer : "j'aime le chocolat" "j'aime mon doudou" "j'aime les bulles", et Ô joie, elle a même signé qu'elle n'aimait pas le ballon (d'ailleurs je la comprends : il était moche et trop bruyant). Elle a sourit, elle a rit, et elle m'a même regardé, de manière fugace mais nafout', deux fois.
Trop de bonheur.
A la fin de la séance, nous sommes allées retrouver sa maman dans la salle d'attente. Dans le cahier des mots de Bérénice, j'avais collé l'étiquette du geste "aimer", avec une photo de Bérénice en train de faire le geste, et on lui a tout raconté. Enfin, je lui ai tout raconté. Bérénice, elle, comme à son habitude, était occupée à empiler bien proprement les magazines sur la table basse. Et puis, tout à coup, elle s'est arrêtée, s'est approchée de sa mère et mine de rien, sans un regard, elle a signé, très clairement, un magnifique "j'aime maman" avant de retourner à son rangement.
Pif, paf, pouf.
Touché.
Coulé. 
Et grandes marées dans la salle d'attente. 



* Alors bien sûr, Adrien ne s'appelle pas plus Adrien que Bérénice Bérénice (j'aime beaucoup quand la syntaxe te permet un doublon grammaticalement correct bien qu'un rien étrange, n'est-ce pas :p ), et peut-être que ça ne s'est pas exactement passé comme ça... Peut-être que ça n'était pas dans ma salle d'attente mais dans les couloirs d'un IME, peut-être que ça n'était pas un dimanche matin mais un vendredi soir, peut-être qu'elle n'aimait que les Léonidas et pas le Milka, et peut-être que la sonnerie de mon portable était un moche ringtone de Nokia.
Peut-être... Et peut-être pas.
Les yeux qui brillent et les larmes qui perlent au coin des yeux, par contre, je le jure sur la tête de Borel-Maisonny : c'est du ultra vrai de vrai. 
Et tralalou bien sûr. 


lundi 29 août 2016

#LesGens VS #MesPatientsChéris : and let the game begin !

Comme tous les ans, c'est la rentrée et le retour du casse-tête de l'emploi du temps qui fait pas crac-boum-uh... A chaque fois, en juin, tu te mets d'accord avec tes patients pour un créneau à leur retour de vacances. Et à chaque fois, fin août, ces mêmes patients t'annoncent la bouche en cœur que "Ah ben en fait ça va pas être possible, on peut changer l'heure / le jour / la planète / la vie en général et mon planning en particulier ?"
A - CHAQUE - FOIS !!!
Et pourtant, chaque année, j'y crois. Si, si, cette fois-ci, ça va le faire : mon planning 5 couleurs sera tracé au millimètre (oui, oui, 5 couleurs : le libéral, le CAMSP, le CRA, les réunions en plus ET -important, ça- les rendez-vous perso : le cours de Dancehall, pas toucher !), tout sera décidé le 1er juillet pour le 31 août et personne, PERSONNE, ne modifiera rien. Ah ah ah. AH AH AH ! 
Ma naïveté m'émeut.
Florilège rien que pour aujourd'hui : 


#LesGens 1- Elle devait déménager cet été, et donc j'ai transmis son dossier, préparé un cahier avec tout ce qu'on a fait ensemble, et redistribué son créneau. Ben elle m'a appelée tout à l'heure : finalement, elle ne déménagera que dans "quelques mois", donc pour demain, c'est comme d'hab' à 17h00 ? 

#LesGens 2 - Ils ont annulé le rendez-vous du 29/06 (sans aucune explication ni excuse, sinon c'est pas drôle), et m'ont posé un lapin le 06/07, et depuis silence radio. Ah, si, aujourd'hui, un message : "Bon, ben on n'a pas de nouvelles pour le prochain rendez-vous, alors quand même, ce serait bien de nous rappeler pour nous dire c'est quand qu'on revient !"

#LesGens 3 - un SMS ce matin : "bonjour, C ajd qu'on reprend ou la semaine pro ?" Moi : "C'était la semaine dernière en fait, mais je suis là aujourd'hui aussi et je vous attends à 14h". Sa réponse : "OK lol "... OK lol ?!


Bon.
Zeeeeeeeeen, Séco, zeeeeeeen...





Heureusement, le soleil se cache toujours derrière les nuages, et #LesGens quand tu retournes au bureau et que tu rallumes ton PC, avec l'envie de donner le meilleur de toi même qui se dispute avec celle de retourner t'allonger dans un hamac avec un bon bouquin, c'est aussi ça : 

#MesPatientsChéris 1 - Elle est dysorthographique massive, entre en 6ème et flippe un peu-beaucoup, et elle m'envoie une carte postale (sans erreur !) pour me dire que même pendant les vacances elle pense à moi parce que "le travail avec toi ça m'aide tous les jours et pas seulement pour l'école". 

#MesPatientsChéris 2 - Elle ouvre son agenda tout neuf acheté pour la rentrée, et à la page "emploi du temps" je vois qu'elle a déjà noté son rendez-vous du mercredi, et y'a même un petit cœur à coté de "ortho Séco <3".

#MesPatientsChéris 3 - Il a appris par une collègue que mes vacances n'avaient pas été si belles, alors hier il m'a apporté une tablette de chocolat parce que "la tristesse c'est comme les détraqueurs -dans Harry Potter pour les incultes-, ça se soigne au chocolat".
On l'a boulottée à deux en une séance.
Nan mais elle était petite, hein, ça va... 


Bon.
Souriiiiiiiiis, Séco, souriiiiiis ! 




Allez, inspiration, expiration.
J'ouvre mon agenda, ça va, il ne mord pas.
Je regarde la liste des coups de fil à passer, ça va, ça tient en une journée. 

Je vais me faire un thé, réflexe pavlovien pour rester motivée.
Je pense à #MespatientsChéris, et ça y est je souris.
Prête à appeler #LesGens, pas de crise et poil aux dents. 

Et tralalou bien sûr.

And let the game begin ! 


Quand Nanette contemple son agenda en mode hardcore,
elle pense à moi, youhou ! TETRIIIIS POWAAAAA !!!

mercredi 24 août 2016

Mandala, dream-catcher et crochet : l'association qui calme les mains et l'esprit. #Tuto


Well, well, well... J'ai à peu près 3754 notes en retard et autant de choses à faire, mais dernièrement j'ai pris de bonnes résolutions : j'arrête de m'ajouter des contraintes et je me fais plaisir (#MaGueule). Donc je fais, fais, fais, c'qui me plait, plait, plait. comme poster aujourd'hui un tuto de mon magnifaïque dream-catcher mandala en crochet réalisé ces derniers jours, et pour les autres notes, on verra plus tard. 
Mais avant tout, TA DAAAAAH, v'là la bête : 



Oui, voilà.
J'ai entendu ton "OOOOH !" d'émerveillement d'ici, moi aussi ça me fait ça à chaque fois que je le regarde. Et mes chevilles vont bien, merci... Non, vraiment, je le trouve très beau. Et si je le trouve si beau, c'est aussi et surtout parce que ça a été un réel plaisir de le faire. D'abord parce que c'est long, mais pas trop, juste le temps d'apprécier l'activité. C'est assez facile, quand on maîtrise les bases du crochet, sans piège ni difficulté spécifique (... enfin, sauf peut-être pour deux trois bricoles dont on reparlera plus tard, mais je vais tout bien t'expliquer !). Et puis surtout, ce sont des mandalas montés en dream-catcher. Et les mandalas, c'est magique : que ce soit en coloriage, en dessins mode zentangle ou en crochet, c'est la même impression de relaxation, de calme, de zénitude. En plus, ce dream-catcher est un cadeau, autant dire que j'ai mis du love spirit dans les mailles, et ça, c'est pas mal non plus au niveau des good vibes.

Alors, tu veux le même ? Faciiiile ! C'est parti ! 

Le matériel : 
  • laine à crocheter en n°4, coloris au choix (4 coloris différents ici, mais fais as you want !).
  • crochet n°4.
  • aiguille à laine, ciseaux. 
  • ronds à abat-jour, diamètre 16 et 10 cm. 
  • une boisson chaude.
  • un endroit confortable.
  • du temps. 
Comment on fait ?

1 - le grand mandala :

Modèle issu du Mollies Makes spécial crochet de cet été, qui a repris un modèle de mandala du blog Attic 24. J'ai commencé à suivre le modèle, mais je n'avais pas de perles à mettre au bout, et du coup, paf, j'ai eu envie de le monter sur un rond en métal...
Tu peux reprendre le même modèle, que tu trouveras dans le hors série Mollie Makes "crochet" de cet été, ou choisir n'importe quel autre modèle de mandala : tu en trouveras plein sur le site des tutos crochet de Mollie Makes justement, ou sur le blog Attic 24 comme ici, et même si tu ne comprends pas bien l'anglais, c'est pas grave, y'a plein de photos en pas à pas !
Pour ce grand mandala de diamètre 16 cm, j'ai donc suivi le modèle d'Attic 24 dans le Mollie Makes jusqu'au rang n°9 avant de faire un rang de mailles serrées pour le fixer au cadre. 


Petit truc n°1 > pour les habitué-e-s au crochet en spirale, comme pour les amigurumis par exemple, sache que ici, pour obtenir un beau mandala, il faut clore chaque cercle avant d'attaquer le suivant. Donc, à la fin de chaque rang, on fait une maille coulée dans la maille de départ pour fermer le cercle, et on change de couleur de fil. 

Petit truc n°2 > quand ton mandala a la taille voulue, il faut le crocheter directement sur le cercle en métal. Je te déconseille de faire un rang complet de mailles serrées sur le cadre, ça risque d'alourdir le mandala, mais en t'appuyant sur le dernier rang crocheté tu peux faire un truc sympa (une ms autour du cadre toutes les 5 mailles, ou *2ms autour du cadre, 3ms hors cadre* repeat, etc...).
Pour crocheter et fixer au cadre, j'ai essayé d'expliquer les choses le plus clairement possible à une copine par mail, mais rien ne vaut une démonstration alors attaaaaation, j'ai fait une vidéo !!!
Et ouais, je progresse tavu...
Bon, ceci dit, j'ai encore une bonne marge de progression vu que le son est tout pourri, que j'ai merdouillé sur les dernier points et qu'en plus on entend très bien l'alerte de batterie vide à la fin de la vidéo, sympa... Mais bon, mets pas le son trop fort et tu ne devrais pas trop t'abîmer les tympans :


 2 - le petit mandala :

Même principe, mais en total free-style ce coup-ci, et ça, c'est trop de bonheur à crocheter ! J'ai vraiment eu l'impression de dessiner avec la laine, trop cool...
Voici comment faire si tu veux exactement le même :

  • crocheter 5 ml et refermer en cercle par une mc dans la première maille.
  • rang 1 : dans ce cercle, crocheter 3 ml (comptent pour 1 br), puis 15 br > 16 br en tout. Fermer par une MC dans la 3ème ml de départ pour fermer. 
  • rang 2 : crocheter 2 ml (comptent pour 1 dbr) puis 1dbr et 1 ml, puis entre chaque br du rang précédent crocheter *2 dbr 1 ml* et répéter jusqu'à la fin, fermer par une mc. 
  • rang 3 : 1 ms dans chaque espace, terminer par une mc, comme d'hab' (bon, ça, je ne vais plus le répéter maintenant, je pense que tu as compris !)
  • rang 4 : faire 2 ml (comptent pour 1 dbr) puis 1 dbr dans la même maille et 1 ml, sauter une maille, et reprendre *2 dbr, 1ml* toutes les deux mailles (on saute une maille à chaque fois). 
  • rang 5 : entre deux groupes de dbr du rang précédent, faire 2 ml (comptent pour 1 dbr) puis 2 dbr et 1 ml, puis entre chaque groupe de dbr du rang précédent reprendre *3 dbr, 1 ml* jusqu'à la fin du rang. 
  • rang 6 : 2 ml (comptent pour 1 dbr) puis 1 dbr dans chaque maille du rand précédent. 
  • rang 7 : fixation au cadre, cf la vidéo > dans chaque maille du rand précédent, crocheter 1 ms : 3x hors cadre puis 2x en prenant le cadre, jusqu'à la fin. 
3 - étape relou : arrêter tous les fils...

...en rentrant les bouts de laine dans les mailles crochetées à l'arrière du mandala. C'est fastidieux et pas méga funky, mais indispensable si tu ne veux pas que ton dream-catcher se dé-crochète tout seul et que les cauchemars ne s'échappe au beau milieu de la nuit... 


Si tu fais ça bien, tu as un dream-catcher réversible, même. La classe jusqu'au bout ! 

4 - les plumes et les fausses perles : 

Un dream-catcher digne de ce nom doit avoir des plumes et des perles. C'est comme ça.
Pour rester dans le trip crochet et laine à 100%, nous allons les faire... En crochet ! (ORLY ?!)

Pour les plumes : une de chaque couleur.

J'ai suivi ce tutoriel de Ahooka qui a réalisé un très joli dream-catcher tout en crochet elle aussi.
Et oui, grande a été ma déception... En faisant une recherche google "tuto+crochet+plume", je suis tombée sur cette page, très bien faite, avec un modèle fort beau. Déception, donc, car même si je me doutais bien ne pas avoir inventé le concept du dream-catcher entièrement crocheté, je t'avoue que je ne m'attendais pas à en trouver des tutoriels complets comme ça ! 
Pour les plumes, donc, je copie/colle, et tu trouveras un pas à pas en photos sur le blog de Ahooka (merci à elle, grâce lui soit rendue, tout ça²) : 
  • faire une chaînette de 13 ml en laissant une très grande longueur au début
  • faire une MC dans la 2ème maille en partant du crochet, puis : 1 mc, 2 ms, 3 dbr, 3 br, 1 dbr, et 3ms dans la dernière maille en tournant autour de la chaînette pour faire demi-tour, et continuer de l'autre côté de la chaînette : 1 dbr, 3 br, 3 dbr, 2 ms, 1 mc.
  • rentrer le fil. 
Petit ajout de mon côté : j'ai rentré le fil tout le long de la chaînette de départ pour dessiner le centre de la feuille, et j'ai crocheté une chaînette de 15 ml avec le fil de départ, qui servira à accrocher la plume au bas du petit mandala. 


Pour les perles (enfin, les ronds bizarroïdes qui pendouillent) : 3 en tout, couleurs au choix.
  • Dans un magic-ring, crocheter 6ms. 
  • Resserrer le cercle, faire une mc dans la ms de départ.
  • Crocheter une chaînette de 12 ml, et arrêter en laissant une bonne longueur de fil. 
  • Dans un autre coloris, faire un double nœud, enfiler les deux brins de laine de chaque côté du nœud dans l'aiguille à laine, passer l'aiguille au centre du cercle, refaire un double nœud bien serré de l'autre côté, et couper à ras. 
5 - l'assemblage : 

Sur le petit mandala, entre 2ms qui ont servi à le fixer au cadre, faire une chaînette de 12 ml que l'on fait passer entre le cadre et le mandala du grand modèle avant de la fixer à nouveau entre 2ms du dernier rang du petit mandala par une ms.
C'est pas clair ? Regarde la photo, ça va aider... 


OMG, ce fléchage délicat et précis est de toute beauté...
M'bref. 

Pour accrocher ton dreamcatcher, à l'opposé de l'assemblage des deux mandalas, faire une ms dans le cadre, puis une chaînette de 15 ou 20 ml selon la taille désirée, et revenir fermer la boucle par une ms dans le cadre, juste à côté de la première, ou même dedans, allez zou. 

Au bas du petit mandala, fixer par un nœud double les plumes et les ronds en alternance.
Faire une petite boucle à la fin du fil qui pendouille, à la hauteur voulue, et couper le reste du fil. 

6 - fin : 
  • accrocher le dream-catcher mandala, 
  • l'admirer, 
  • se sentir fièr-e de soi, 
  • sourire.  :)
Et en guest-star option "c'est trop facile, compliquons un peu les choses", je te propose de faire la même chose avec un chat sur les genoux, c'est funky.



Wala, wala... Allez, y'a plus qu'à !
Et, bien sur, si tu t'y colles, sois gentil-le : envoie moi des photos, ça me fera bien plaisir !

mardi 16 août 2016

Se souvenir des belles choses.

J'ai écrit un long, long texte. 
Ça m'a fait du bien.
Je l'ai relu, j'ai pleuré, et puis je l'ai effacé. 
Voilà, j'ai mis des mots sur la douleur, la tristesse, la colère et l'absence. 
Ils ont rempli leur rôle, je me sens un peu mieux. 
Un tout petit peu... 

Il n'y aura plus ces concours d'origami avec Benji. 
Il n'y aura plus ces joutes oratoires avec Philippe. 
Il n'y aura plus leurs sourires, leurs mots, leurs conseils, leur générosité, leur amour... 

Ça n'est pas la mort qui est douloureuse, c'est l'absence. 


Pour l'instant, la tristesse l'emporte.
Mais si je suis si triste, c'est parce que j'ai surtout eu le grand bonheur de les connaître. 
Viendra un moment où je me souviendrai surtout de ça. Des belles choses. J'attends. Je serai patiente.
Pour l'instant, je veux juste dire à tout ceux qui pleurent avec moi que nous avons eu une chance formidable, vraiment, de faire partie de leurs vies trop vite envolées. 

Dansez, pleurez, chantez, riez, criez, aimez. Vivez !
Dites à tous ceux que vous aimez que vous les aimez. 
C'est important. vraiment. 
<3

mercredi 6 juillet 2016

Cosmétiques DIY #13 - ma BB cream perso et les protections solaires en cosmétique-maison.

Voilà l'été, enfin l'été, la peau craméééééééée !
Le soleil et moi, tu le sais, on est pas méga pote.
C'est bien simple, mon cycle de bronzage, c'est blanc/rouge/pèle et repeat (voir plus bas).
Alors quand les premiers rayons pointent, hop hop hop, je protège tout !
Pas seulement pour faire le lézard sur la plage (je ne fais jamais le lézard, question de survie...), mais tout le temps : enrichir la moindre crème en actif protection solaire, c'est ça, le secret de ma peau blanche mais pas brûlée ! Et donc, pour tous les jours, ce qu'il me faut c'est...


#13 - une BB cream perso !

Bon, en vrai, c'est peut-être pas une vraie de vraie BB-cream, mais comme elle remplit quand même pas mal de fonction, j'ai décidé que, et toc.
Ma BB-Cream perso, elle fait tout ça :
- hydratation
- apaise et unifie
- protection solaire
- teinte légère
Là, je t'en propose une version toute personnelle avec huile de macadamia et de buriti, oxyde de zinc et oxyde marron, mais tu peux tout personnaliser !
L'idée, c'est de te créer une crème adaptée à ton type de peau, d'y ajouter le colorant léger de ton choix, de l'oxyde de zinc pour la protection solaire, et éventuellement d'autres actifs selon tes besoins : argile blanche apaisante et anti-bactérienne, HE pour le parfum et le soin...

Mon cycle de bronzage qui envoie du rêve !
Je t'explique à quoi servent tous les ingrédients :

- pour la crème de base, tu fais comme tu le sens : tu te fais un liniment, tu choisis une crème neutre, tu t'en bricoles une autre, c'est comme tu veux ! A toi de voir ce qui te convient.

- pour la protection solaire, l'ingrédient clé c'est l'oxyde de zinc. Je ne vais pas te faire un cour complet, d'autres bidouilleuses de l’extrême l'ont déjà fait avant moi, mais sache juste que l'oxyde de zinc est un écran solaire minéral très efficace et sans composant chimique cracra (oui parce que te mettre une crème solaire afin d'éviter un cancer de la peau tout en te tartinant de produits cancérigènes, avoue que c'est quand même ballot...). Je te laisse découvrir les explications sur le site des trappeus.e.s où j'ai trouvé ma "source d'inspiration" (oui, j'aime le la jouer artiste... :p )

- pour l'effet teinté, on ajoute de l'oxyde marron (comme pour la poudre de teint !) ou de l'argile rose en fonction de ta carnation.

- pour tout le reste, il y a mastercard des tas d'actifs que tu peux choisir en fonction de tes envies et de tes besoins : de l'argile, des huiles essentielles, des absolues et des extraits de plante, des poudres (allantoïne, miel...)... Certaines huiles essentielles sont des protections solaires naturelles (la lavande par exemple) mais d'autres sont photo-sensibles, attention !!!


Pour celle que je te présente ici, j'ai choisi une base de liniment non-gras, à laquelle j'ai ajouté oxyde marron et oxyde de zinc :
  • 20 ml d'huile végétale ou de mélange d'huiles végétales : 15 ml macadamia et 5ml buriti ici. 
  • 2ml de cire d'abeille ou 1ml de cire de candelilla
  •  20 ml d'eau de chaux
  • une pelle de 2ml d'oxyde de zinc
  • une pointe de couteau d'oxyde marron
  • 5 gouttes d'huile essentielle de lavande
  • 5 gouttes de vitamine E
Faire fondre les huiles et la cire au bain marie.
Ajouter l'eau de chaux et mélanger au fouet.
Sortir du feu et continuer à mélanger vigoureusement, ajouter ensuite l'oxyde de zinc et l'oxyde marron finement broyés ensemble au préalable.
Ajouter l'huile essentielle et le conservateur.
Mettre en flacon, et voilà !
Preview


Et le résultat : une crème pas trop épaisse, avec une couleur qui n'est pas homogène dans le flacon mais qui s'unifie une fois appliquée sur la peau. Elle s'étale bien sans laisser de film. La teinte est légère, pas trop couvrante, mais ça unifie bien le teint. Et surtout, promis-juré, pas de coup de soleil sur le bout du nez !



Et juste pour le plaisir, 5 préjugés sur les crèmes solaires, histoire de te convaincre que oui, il faut se protéger, et que le faire avec des produits pas trop pourris, c'est pas plus mal !
Allez hop, on se crème, on se crème !
Et on lance la mode du blanc radioactif top classe certifié sans mélanome !