jeudi 18 décembre 2014

Il y a des jours, comme ça...

C'est bientôt l'hiver. Il ne fait même pas froid pour de vrai. Mais il pleut. A tout prendre, j'aurais préféré de la neige, tiens... Il y a des jours comme ça, même la météo participe à te mettre le moral à zéro.
C'est le matin, c'est la course, c'est devant l'école, quand je dépose les enfants, que je m’aperçois que j'ai oublié les chips à la crevette à la maison, et j'en ai besoin absolument pour ce matin. J'y retourne. C'est officiel, je suis en retard. Il y a des jours comme ça, quand la lose te choppe au réveil, elle ne te lâche pas de la journée.
J'arrive enfin au bureau. J'allume l'ordinateur, vérifie mon planning, prépare la première rééducation et... Et merde, j'ai oublié les chips à la crevette dans le coffre de la voiture. Je soupire. J'y retourne. Il y a des jours comme ça, je maudis ma tête de linotte incapable de faire le tri et de s'organiser en période de stress.
Bon, ça y est, tout est prêt. Je n'ai que 10 minutes de retard... Inspiration, expiration, IRRRRWIGOOO !

Monet, fumées dans le brouillard, 1899-1901
Matéo a bientôt 2 ans, dont 23 mois de gastrotomie. Une gastrotomie, c'est quand on te fait passer un tuyau directement dans l'estomac par un petit trou dans le bidou, pour t'alimenter quand tu ne peux pas manger "per os" (Ça, ça veut dire "par la bouche". L'orthophonie, un monde si poétique...). Matéo a aussi eu la langue cousue à la gencive inférieure (et oui, je t'ai vu grimacer derrière ton écran) parce que sinon il s'étouffait avec sa langue.
Matéo a ce qu'on appelle une séquence de Pierre Robin, et c'est pour ça que je m'occupe de lui depuis un peu plus d'un an. Toutes les semaines, il vient avec l'un de ses parents ou les deux, et on joue, on fait des massages, des grimaces, des drôles de bruits pour muscler sa langue, ses lèvres, ses joues, pour qu'un jour, enfin, on puisse découdre sa langue et puis après, on y croit, enlever la sonde.
Le "découturage" de la langue, c'était il y a 2 mois. Grande victoire. Depuis, il claque très bien la langue, fait des grimaces magnifiques et dit "papa" et "maman".
C'est pour lui, les chips à la crevette : c'est salé, ça croustille et ça fond, c'est pas épicé, bref, c'est parfait pour un p'tit Matéo qui apprend à manger.
Aujourd'hui, en séance, Matéo a mangé deux chips à la crevette.
Deux.
Chips.
A la crevette.
Il les a MANGÉES.
Il a pris la chips dans sa main, l'a portée à sa bouche, en a croqué un bout, l'a mâchonné un moment en l'écrasant entre sa langue et son palais, et puis il l'a avalé. Et il en a repris une autre bouchée, et une autre, et une autre...

Eugène Boudin, Ciel, Pastels
Mégane a 4 ans et demi, et l'âge d'être en moyenne section de maternelle. Mais Mégane ne va pas à l'école, parce qu'avec son syndrome épileptique et son retard des apprentissages, elle n'est pas prête. Mégane est suivi depuis ses premières convulsions, et ça fait un moment. Je suis sa troisième ou quatrième orthophoniste... On a d'abord travaillé avec des objets du quotidien, des photos, des images, puis on a mis en place le MAKATON, et puis petit à petit on s'est mis à jouer à la poupée, à faire de la peinture à doigt, à chanter des chansons et à se raconter des histoires.
Aujourd'hui, j'ai fait un bilan d'évolution. Un vrai bilan de langage oral, cette fois-ci, parce qu'aujourd'hui, c'est possible. De vrais tests langagiers, niveau PSM. Et puis finalement, j'ai pris la cotation MSM, parce que ses résultats étaient bons. Vraiment bons. Ce bilan d'évolution m'a permis d'objectiver ce que je pressentais depuis un petit moment déjà : Mégane va bien, Mégane parle, Mégane a quasiment rattrapé son retard langagier.
Dans la salle d'attente, en attendant ses parents, Mégane m'a raconté le menu de ses vacances à venir (elle ira voir papy et mamie), sa liste au père noël (des livres et une poupée), la mésaventure d'un de ses frères au parc (il a éternué dans le sable et s'en est mis dans les yeux). Elle m'a aussi demandé si moi j'avais des vacances ou pas, et si j'avais fait une liste au papa noël... Bref, nous avons papoté, Mégane et moi.
Oui, voilà. Nous avons papoté. Dans la salle d'attente, j'ai eu une vraie discussion avec Mégane, 4 ans et demi, pas encore scolarisée, mais ça ne saurait tarder...

Vincent Van Gogh, Champ de blé avec cyprès, 1889

J'ai éteint l'ordinateur, rangé les dossiers dans l'armoire, l'agenda dans mon sac, et j'ai enfilé mon manteau. Je n'ai pas pris d'écharpe aujourd'hui. Pas la peine. Il ne fait même pas froid.  Pourtant nous sommes le 18 décembre, mais il fait doux. La pluie s'est arrêtée de tomber, la ville est belle, comme lavée, pimpante dans l'éclairage festif des décorations de Noël. Et puis dans 3 jours, c'est le solstice d'hiver et les jours vont à nouveau s'allonger. Il y a des jours, comme ça, où je me dis que le cycle de la nature et le mouvement des planètes qu'on ressent dans notre quotidien, c'est presque magique.
Je monte dans la voiture, mon cours de danse est dans une bonne demi-heure, je n'ai pas envie de courir faire des courses. Je n'ai pas envie non plus d'attendre dans le couloir le début du cours. Je passe devant un café dont le nom et la déco me plaisent. Je m'arrête. Il n'y a personne. J'entre, je commande un thé, et Ô joie, il y a plein de parfums au choix. Il y a des jours comme ça, où je pratique la méditation douce par le parfum du thé bien chaud dans cette grande tasse entre mes mains.

Il y a des jours, comme ça, qui commencent mal, mais que la vie rattrape, parce que c'est beau, un enfant qui grandit, qui apprend, qui progresse.
Encore plus quand c'était pas gagné au départ.
Il y a des jours comme ça... Des jours où j'aime vraiment mon métier.


Derrière les nuages, le soleil brille toujours.

Et spéciale dédicace aux Orthos-VDM, qui me portent et m'aident
 à deviner le soleil derrière les nuages des jours trop gris... <3

jeudi 11 décembre 2014

Pochette-accordéon-double-face : le TUTO ! Ta ta ta taaaaaah !

Je l'avais promis, je le fais !
De toute façon, ce soir, c'est ça ou je tape des CRBOs, donc...
Donc allons-y : tuto de la pochette accordéon, réalisée ICI avec la Knittax, mais qui peut se décliner en couture avec du tissu, de la toile cirée, des morceaux de (jolis !) sacs de course...
Youplaboum, c'est parti !

Le principe est simple : un grand rectangle plié en accordéon avec deux rabats. Ici, c'est pour le format portefeuille, à toi de voir ce qui te convient le mieux ! Trace la forme de ta pochette dépliée sur un papier (ici, du kraft, mais si t'es perfectionniste, tu peux le faire sur du papier-à-patron !), et découpe la. 

Choisi deux tissus qui te plaisent, ou deux fois le même si tu veux, c'est toi qui vois.
Il en faut deux car la pochette se plie en accordéon et donc le recto ET le verso sont visibles...
Place les tissus endroit contre endroit.

Pose ton gabarit sur les deux tissus, moi j'y vais carrément à la bourrin : je scotche, même pas peur ! Et ça marche très bien. Épingle bien les deux tissus ensemble, pour que lors de la découpe les deux tissus soient coupés de manière exactement identique.
Hop, on coup, en laissant 5mm de marge autour du patron,
ce sont les fameuses "marges de couture"...
Attention, épisode technique ! C'est LE moment délicat... (Pour dire comme c'est dur, tiens...)
Si tu décides de faire des attaches avec des boutons, tu peux t'amuser à faire des boutonnières,
mais moi, je sais pas faire. Tu peux aussi choisir de fermer ta double-pochette
avec du velcro, des boutons pression... Comme tu veux.
Moi, je ferme avec des élastiques qui s'enroulent autour des boutons que je couds par la suite :
du coup, il faut plier le petit morceau d'élastique en deux et le glisser boucle à l'intérieur
entre les deux tissus, en laissant dépasser les extrémités. Si tu veux fermer avec une
lanière qu'on enroule, c'est pareil : tu la glisses entre les deux épaisseurs avant de coudre.
Et zouuuuuuuu on dégaine la machine à coudre !
Au point droit à 5mm du bord, on coud tout le long, en laissant une ouverture
de quelques centimètres pour pouvoir retourner les tissus sur l'endroit ensuite.
Tu retournes donc les tissus sur l'endroit, en faisant attention à bien faire ressortir les coins, et tu passes un coup de fer pour bien aplatir les coutures. Hop, c'est reparti pour la machine à coudre : toujours au point droit, on coud à nouveau tout le long, à quelques millimètres du bord des tissus. Ça va fermer l'ouverture laissée, et donner plus de tenue à la pochette.
Walaaaa ! Maintenant, tu plies ta pochette en accordéon sur 3
épaisseurs, en laissant dépasser les rabats.
Si, si, regarde la photo juste là, c'est très clair ! ... Non ?
C'est là qu'on re-bourrine. Au point zig-zag large, on va coudre les 3 doubles-épaisseurs ensemble (oui, ça fait 6 épaisseur, le Moltonel peut aller se rhabiller !). Bon, là, j'avais la méga-flemme mais le mieux c'est quand même de le faire dans une couleur assortie. Encore plus mieux : tu peux recouvrir cette splendide couture un peu roots par un joli biais. Oui, tu peux. Moi, non. Mon hyper-pilosité palmaire m'en empêche.
C'est presque fini ! Tu couds tes deux boutons (en ne prenant que le tissu du dessus pour que ça ne se voit pas à l'intérieur) et YOUHOUUUUU ! Tu as ta pochette-accordéon-double-face à toi, que tu peux te la péter grave en sortant nonchalamment : "Ma pochette ? Oh, une bricole que j'ai faite un soir avec des chutes..." > YOU WIN !
Pour la pochette présentée ici, je remercie très beaucoup ma Mamantoune qui m'a offert de superbes chutes de tissu carrément trop chouettes !
Les boutons ? Achetés dans une ressourcerie, genre 1€ le lot de 10 boutons dépareillés, j'aime bien !
Du coup, pour le prix de revient de la pochette, c'est très limité : le fil (terrible), l'élastique (au moins, pfiou, 6 cm !) et le temps consacré à la couture (au moins, pfiou, 15 minutes !), mais ça, t'es pas obligée de le dire quand tu fais ta star avec ta belle pochette que "c'est moi qui l'ai faiiiiite" !

Voilà, voilà...
Cette pochette se décline à l'infini, selon la matière, la taille, les finitions... Portefeuille, pochette à bijoux, à carnets, à trésors, toute seule ou en troupeau de différentes tailles, en pochette pour tablette ou ordinateur (tablette d'un côté, petit cahier de l'autre, et une bride élastique pour glisser le stylet/le stylo > *ding* idée !!!), nécessaire à écriture... Tout est possible !
Bon, pis si tu te fais une belle pochette accordéon, tu me montres une photo s'te please, d'accord ? Alleeeeeeez !

mercredi 10 décembre 2014

New year is coming !

Et qui dit nouvelle année, dit nouvel agenda !

Fut un temps où, hyper organisée, je trimbalais toute ma life dans un Filofax que je m'étais offert avec mon premier salaire d'orthophoniste en SESSAD. Un très beau Filofax, en cuir rouge, avec des onglets, des pochettes, des intercalaires et des tas de jolies feuilles de toutes les couleurs... C'est génial ça : tu peux TOUT ranger dedans ! Ton agenda, ta compta, tes cartes de visites, ton carnet d'adresse, tes listes d'attente / de bilan / de patients... Comme ça tu as toutes les infos dont tu as besoin au même endroit !
Et donc, quand tu perds ton Filofax, tu perds toutes les infos dont tu as besoin aussi ! N'est-ce pas merveilleux ? Hein ? ... Ça sent le vécu, non ? Presque. J'ai effectivement perdu mon Filofax, puis je l'ai retrouvé, trois heures plus tard. Trois heures d'angoisse, de sueurs froides, de cris primaux et d'arrachage de cheveux. La conclusion de cet épisode classé en septième position des évènements les plus stressants de ma vie, c'est que les Filofax, PLUS JAMAIS !!!

Depuis, je suis chaque année à la recherche de l'agenda idéal. C'est pas si facile. Il faut qu'il soit suffisamment grand pour y noter tous mes rendez-vous, mais pas trop sinon ça prend trop de place. Il me faut un semainier avec une semaine par page, une colonne par jour, qui commence à 7h30 pour finir vers 21h (sinon tout ne rentre pas), avec un espace pour les notes diverses et variées chaque semaine - les coups de fil à passer, les CRBO à taper...-, et en plus, j'y tiens, il faut que le papier soit de bonne qualité et qu'il ne laisse pas passer l'encre de mon stylo plume de l'autre côté de la feuille.
Et bien je t'assure que c'est pas gagné !

L'année dernière, fin 2013, la secrétaire de direction du CAMSP a récupéré un lot d'agendas de la banque (que je ne nommerai pas, non, non, non). Elle m'en a filé un, et là, RÉVÉLATION ! C'est ex-ac-te-ment l'agenda qu'il me fallait ! Tous les critères cités dans le paragraphe précédent étaient présents. Seule ombre au tableau : la couverture qui porte le nom de la banque. Hm...
Pas grave, une couverture, ça se cache !

Pour 2014, j'ai recouvert l'agenda d'une page de vieux magazine de couture déniché en ressourcerie. Bien pliée, fixée au scotch ultra-fort, recouverte de film adhésif transparent, cette jolie page rétro a tenu facile toute l'année, la preuve en image :


A gauche, donc, l'agenda 2014, qui, comme tu peux le constater, tiens encore bien la route malgré l'année subie...
A droite, l'agenda 2015 : je n'avais pas encore eu le temps de le recouvrir correctement, je me suis donc contentée dans un premier temps de l'emballer dans une grande feuille de papier (une sous-chemise), et d'y écrire "2015" au bic noir, histoire de...

Et puis ce soir, j'ai sorti Gertrude. Pas pour mon agenda, non, mais pour faire une cape-poncho comme ici. C'est mon deuxième essai, le premier était complètement foiré. Le second est déjà un peu mieux, mais bouarf, c'est pas non plus top-moumoute... Je ne dois pas avoir le bon tissu, ça ne rend pas pareil. Bref, c'est pas le sujet du soir-bonsoir. Revenons à nos agendas. Enfin, aux miens.
Frustrée par le résultat somme toute assez médiocre de mon épisode couturesque de la soirée, je me dis que non, vraiment, je ne peux pas rester là dessus, ce serait trop bête. C'est un coup à en vouloir à Gertrude et à lui faire la tête pendant plusieurs semaines, ce qui serait quand même très très bête à l'approche de Noël et des appels à l'aide des lutins débordés. Donc, j'ai attrapé une chute de tissu bien épais que j'avais gardé pour un jour (et là, victoire, j'ai la preuve irréfutable que j'ai raison de garder tous ces morceaux de tissu, ces chutes des rubans, ces restes de pelotes : ah ah ah, Pacsman va être obligé d'admettre que SI, c'est utile, et que NON, ça ne prend pas de la place pour rien dans mon atelier !) et hop, en cinq minutes chrono, j'ai cousu cette pochette pour mon agenda :


Je ne sais pas trop comment l'appeler en fait... C'est pas vraiment une pochette, c'est plutôt un protège-cahier pour agenda, donc un protège-agenda ? Sauf qu'en vrai, il n'a aucunement vocation à protéger mon agenda, mais plutôt à le cacher...
(question existentielle du soir... oO)

J'ai même cousu une bande élastique pour maintenir l'agenda bien fermé, parce que je me connais, je vais caser des tas de papiers dedans et après il va déborder de partout...


Et puis en plus, ça fait deux larges rabats qui me permettent de coincer des documents sans crainte de les voir glisser et tomber par terre : 

(Oh, tiens, une photo des monstroplantes !)
Voilà, voilà... Bon, ben j'ai pas perdu ma soirée, moi ! Finalement, je suis contente d'avoir ressorti Gertrude ! 
Demain, si tu veux, je reposte (soyons fou), et je mets en ligne un tuto pour faire une belle pochette en couture. Parce que oui, en ce moment, entre Gertrude et la Knittax, c'est un peu la folie des bidouillages à donf', vois-tu.
Demain, donc. Si t'es sage. Et si je ne rentre pas trop tard.
En attendant, des bises avec du love dedans !

dimanche 30 novembre 2014

Knittax 2 ou le cheat en tricot [avec un tuto, ouiiiiii !]

Il y a déjà un petit moment de cela, j'ai récupéré une machine à tricoter de ma Mamoune, ma grand-mère paternelle. Je ne me souviens pas l'avoir déjà vue l'utiliser, ça date, tout ça... Mais quand il a fallu vider la maison, c'est tout naturellement que la machine à tricoter, les restes de tissus et de laine et les livres de "travaux manuels" me sont revenus. Et ça, c'est rudement chouette.
Quand je l'ai eue, j'ai ouvert la mallette, j'ai regardé un peu le schmilblick, j'ai cherché des explications, un mode d'emploi, quelque chose, mais rien... Alors je l'ai rangée, en remettant ça à plus tard.
Le plus tard, c'était il y a une dizaine de jours.
J'ai investi la table de la salle à manger (ça prend de la place cette bête-là !), j'ai tout sorti, tout observé, et j'ai commencé à chercher...

La mallette de rangement fait son âge, mais la machine, outre ses couleurs passées et
la typographie désuète de ses étiquettes, est en parfait état. C'est déjà ça.
Il y a des aiguilles, un chariot avec une molette qui se déplace sans à-coups...
Elle a du passer une cinquantaine d'années dans sa boîte, cette machine, mais alors
elle a l'air de fonctionner parfaitement. Les aiguilles bougent dans tous
les sens à chaque passage du chariot, reste à savoir comment installer la laine ! 



Il y a un deuxième élément qui a l'air de se fixer au premier, avec d'autres
aiguilles aussi, je ne vois pas bien comment tout cela s'organise...
Ouh la la, tous ces accessoires ! Mais à quoi ça peut bien servir ? 
Je teste des trucs, je mesure, le compare... Bon, c'est pas clair tout ça...
"MACHINES KNITTAX - 43, RUE ST-AUGUSTIN, PARIS-2è"
Ah ! Joie, bonheur ! Une information !
Je ne l'avais pas remarquée la première fois que je l'avais déballée, mais la bête a une étiquette !
C'est une Knittax.
Voilà un indice à explorer...

Je me lance dans la recherche d'information, et j'appelle à l'aide mes coporthos-bidouilleuses.
De liens en sites, je finis par tomber sur des vidéos en allemand, ou dans une autre langue non identifiée, enfin bref, des vidéos que je finis par écouter sans le son (pour ce que ça m'apporte). Je trouve aussi un site qui explique le fonctionnement général des machines à tricoter. Bon, ça n'est pas super adapté à mon vieux modèle, apparemment aujourd'hui les machines à tricoter sont des bêtes de compet' qui, à part choisir la laine et le modèle, font tout toutes seules. Plus cheaté, tu meurs.
Au final, je finis par comprendre la base, par faire le lien avec mes maigres connaissance en tricot "normal", et les vidéos sont suffisamment claires pour que je me lance, mais je dois en rester au tricotage simple : je tente... Un rectangle ! Soyons fous !!!


Tadaaaaah ! Victoire ! Après 1h de combat acharné face à ma tablette en mettant en pause une vidéo de 3m45 toutes les 10 secondes, j'arrive à tricoter... Ce magnifique rectangle de 20 mailles sur 10 cm environ. Splendide, non ? Mais siiiii, regarde, cette régularité, cette finesse des points ! Si j'avais voulu faire la même chose avec mes aiguilles, je n'y serais pas arrivée, et ça m'aurait pris bien plus de temps... Bon, tu vas me dire que 1h pour ça, y'a pas non plus de quoi s'extasier sur la rapidité de la bête. Mais que nenni ! J'ai juste galéré à installer la laine et à enclencher le premier rang de mailles. Après, c'est tellement facile et rapide que j'ai l'impression de vivre la vie d'un pseudo-gamer qui a acheté tout son stuff en pay-to-win face au pauvre gamer lambda qui s'est équipé à la sueur de son front et au clic de souris. Wahou. Je sens le côté obscur de la force m'envahir...
Mais bon, à part tricoter des écharpes, je ne vais pas aller bien loin. Y'a pas, faut que je trouve un mode d'emploi ! Sur internet, je déniche des pdf à télécharger contre la modique somme de 43€ (ah ah ah !), et sur e-bay y'a même un type qui vend une photocopie du mode d'emploi contre 25€ + les frais de port. Non mais ça va bien oui ? 1000 kamas et un snickers aussi, ou bien ?

De recherches en recherches en recherches, je finis par tomber sur un blog, celui de turlututu couture, qui publie en mai 2014 une note sur la Knittax, et je vois que la blogueuse a... le mode d'emploi !!! Aussitôt je lui envoie un message, et, joie, bonheur, elle me répond très rapidement, et m'indique comment télécharger le mode d'emploi de la bête.
Youhou ! Double win et salto-arrière !!!

Alors toi, oui, toi qui cherches des infos sur la Knittax, il n'est pas dit que tu seras tombé sur mon blog en vain. Heureux détenteur de cette pièce de collection des années 50, respire, et sois heureux, car voici pour toi l'info que j'ai l'impression d'avoir eu autant de mal à trouver que Lancelot le St Grall : tu peux télécharger le mode d'emploi de la Knittax ici !

Joie, bonheur, champagne et laine multicolore !
Bon le pdf est loin d'être net, mais screugneugneu je ne suis pas orthophoniste pour rien : si j'arrive à déchiffrer les écrits de mon dyspraxique-dysgraphique favori, je vais bien réussir à lire ce pdf, bon sang de bonsoir...

Et là, à lire ce document, je me rends compte que Mamoune avait le modèle de luxe : non seulement j'ai la Knittax 2 modèle Gold (ouais, carrément !) mais j'ai aussi tous les outils optionnels : le compte-tours, le dérouleur de fil, le peigne à aiguilles, et tout un tas d'autres trucs dont je ne comprends ni le nom ni l'usage, mais qui me font comprendre que face à moi, non, ça n'est pas une simple machine à tricoter, mais bien le sésame des Burdas en folie, le miracle attendu par les Phildar-fan-girls, la réponse n°42 à toutes les questions de tricotin.fr : j'ai une vraie bête de compet' moi aussi ! 
A moi le pouvoir, à moi la rapidité, à moi les pulls jacquards super-moches : je vais tricoter à donf', mouhahahahaaaaaaaaaaa !!!

Ahem.
Mais je m'emballe.
Avant de déchainer les foudres des enfers de la Knittax-2-gold modèle toutes options, faudrait voir à savoir l'utiliser en mode easy.
Pour voir ce dont je suis capable avec la bête entre les mains, il faut que je sois capable de : 
- mettre en route un tricot,
- faire des augmentations et des diminutions,
- arrêter le tricot. 

Et ça n'a l'air de rien comme ça, mais c'est pas gagné... Et comme j'ai pas vraiment envie de me lancer dans la confection d'un pull là maintenant tout de suite, je m'invente un modèle de pochette double face, pif paf, pouf, et hop, je te file le modèle tant qu'à faire, parce que c'est tout moi, ça, générosité et altruisme (et amour dans ton cœur) :

La pochette-accordéon double face :

sens du "tricotage"
------------------------------->
L'idée c'est de plier le grand rectangle en trois et en accordéon pour ménager une ouverture de chaque côté, chaque ouverture étant fermée par un rabat, qu'on peut faire en triangle, arrondi, comme on veut, et que j'ai choisi de fermer avec un bouton, mais chacun fait fait fait, c'qui lui plait plait plait : 

On commence par un rabat et on avance jusqu'à l'autre rabat : 
- monter 40 mailles et tricoter 2 rangs,
- augmenter d'une maille au début de chaque rang jusqu'à obtenir 60 mailles, 
- continuer sans augmentation ni diminution jusqu'à la hauteur voulue (un multiple de 3 pour plier en accordéon ensuite),
- diminuer d'une maille au début de chaque rang jusqu'à obtenir 40 mailles,
- tricoter 2 rangs et arrêter l'ouvrage,
- repasser à fer tiède pour que ça ne roule pas sur les bords, plier la base rectangulaire en 3 en accordéon, marquer les plis au fer, 
- faire 2 rangs de mailles serrées au crochet sur tout le tour, en prenant les 3 épaisseurs ensemble pour "coudre" le pliage, et au milieu de chaque rebord faire 5 mailles en l'air, passer 5 mailles et reprendre la bordure en mailles serrées pour faire les boutonnières.
- coudre 2 boutons, décorer comme on veut, et voilà !

Ta daaaaah !
Alors, elle est pas belle ma première vraie production à la Knittax ? Hein ?

face A
face B
 

Voilà, voilà...
Bon, ben y'a plus qu'à !
Demain j'attaque le pull à rayures ? Ou la robe à losanges ? Hm, tous ces modèles proposés en fin de mode d'emploi, tout droit sortis des années 60, ça fait rêver... Je ne sais que choisir !
Allez zou, au boulot. C'est bientôt l'anniversaire de Mamoune, et je pense qu'un tricot fait à la Knittax lui ferait bien plaisir !

samedi 22 novembre 2014

B.O.Bobines, ou comment se balader avec les copines de Gertrude aux oreilles.



Pour mon anniversaire, Pacsman m'a offert un bracelet super chouette, qui allie à la fois la récup', le symbole et le style. Yeah. Un mètre de couturière coupé et mis en forme qui s'enroule autour de mon poignet et qui reste léger, léger, je l'adore. Un objet détourné, c'est une seconde vie : pense un peu à tous les tissus que ce morceau de mètre a mesuré ! Au couturières dans les mains desquelles il est passé ! Il transporte FORCEMENT des bonnes ondes. Je suis sûre que Gertrude* doit le sentir, quand je couds. O-bli-gé.

J'ai eu envie d'offrir à ce bracelet-là des boucles d'oreilles sinon assorties du moins dans le même esprit : avec de vielles bobines de machine à coudre dénichées pour  trois fois rien dans une ressourcerie pendant nos vacances (hop, encore des images et des associations qui transportent des sourires !), je me suis bricolé une paire de boucles d'oreilles :

1€ la bobine, pas cher ! J'ai laissé le fil dessus, petit souvenir...

Par dessus, on enroule un joli cordon, de la laine, un fil épais...
On colle, et on fixe les attaches. Trop dur. 

Ta daaaah !
Voilà, voilà...
Et pour rester dans la séquence nostalgie et recyclage, dans ma prochaine note, je te parlerai de ma Knitax Gold Pro des années 60, ou p't'être même plus vu la bête, va savoir...

* ma machine à coudre. Oui, je lui ai donné un p'tit nom. C'est ridicule, mais ça me permet de l'enguirlander plus facilement quand y'a un truc qui merdouille. C'est bien mieux que de m'auto-critiquer.

lundi 17 novembre 2014

Petites comparaisons instructives... #orthophonie #AMO #CestLaCrise

Je persiste et signe.
Tu as sans doute déjà aperçu, au grès de tes pérégrinations sur le net, ces merveilleux tableaux comparatifs entre les tarifs de nos biens de consommation courante avant et après passage à l'Euro.
Outre que ces chiffres sont le plus souvent biaisés (les sources sont rarement citées...), ces comparatifs, censés diaboliser le grand méchant Euro, semblent oublier que depuis le passage à la "nouvelle" monnaie, il y a un truc qui s'appelle l'inflation, et que ça, ça joue pas mal sur l'augmentation des tarifs.
En tout cas, ça m'a donné une idée, Un truc qui parle bien aux gens, encore plus, si ça se trouve, que mon camembert (pouet pouet) : moi aussi je vais faire mon petit tableau comparatif... Avec l'AMO !

L'AMO, c'est l'Acte Médical Orthophonique, c'est à dire, en gros, la base de calcul de nos honoraires.
Par exemple, un bilan, c'est 1 AMO 24, soit 24 x la valeur de l'AMO.
L'AMO est aujourd'hui à 2.50€, hop, voilà le bilan à 60€.
Si tu veux plus de précision, tu peux aller consulter la nomenclature générale des actes professionnels (NGAP) restant en vigueur depuis la décision Uncam du 11 mars 2005, en cliquant ici : version du 1er octobre 2014. Tu vas voir, c'est que du bonheur. 

L'évolution de l'AMO, donc... Ben ça prend pas 3 pages : la dernière augmentation date de 2012, où nous étions passé de 2€40 à ... 2€50 ! Youhouuuuu !!!! Champagne et cotillons, quoi !
La précédente revalorisation datait de décembre 2007, avec +1.3%. Joie et bonheur...

Donc, voilà. Je me suis armée de patience et de courage (oui parce que faire ce genre de calcul c'est franchement masochiste, surtout quand tu as tous tes comptes dans le rouge et ton impôt professionnel des entreprises à payer avant le 15/12/14, mais j'aime vivre dangereusement !) , j'ai fouiné sur internet et j'ai découvert que le site de l'INSEE regorge d'informations passionnantes et hop, calculatrice en main, j'ai bricolé ce splendide (si, si) petit tableau comparatif : 
Voilà, voilà...
Quant on lit ça, on comprend mieux pourquoi c'est tellement dur qu'on se retrouve à mettre en place des caisses de solidarité pour aider nos consœurs dans la panade...
Certes, l'AMO a augmenté depuis 2001 (et heureusement !) mais de manière si peu en corrélation avec l'augmentation du coût de la vie que notre pouvoir d'achat, si cher à notre ex-président-à-talonnettes, se retrouve tout diminué !

Si on prend en compte : 
- le peu d'évolution de l'AMO par rapport au coût de la vie,
- l'augmentation des charges (voir mon camenbert...),
- la nécessité de prévoir par nous même notre retraite, nos congés et nos arrêts maladies,
on comprend mieux les difficultés que rencontrent beaucoup d'entre nous...
C'est le C-C-C-COMBO de la lose !

Mais nous sommes des pri-vi-lé-gié-e-s bien sûr ! Ne l'oublions pas, voyons !!!
(tu la sens, mon aigreur, là ? :/ )

dimanche 16 novembre 2014

Le parpaing et la tartelette - Soutien pour nos consoeurs.

Mes deux dernières notes ne sont pas particulièrement joyeuses. J'y parle encore une fois de mon si beau métier, mais sous un jour bien différent : il y a le quotidien parfois drôle, parfois déprimant, mais toujours riche... Et nous, qui le sommes moins.
Entendons-nous bien. Il ne s'agit pas de se plaindre. Oui, il y a pire ailleurs, non, nous ne connaissons pas le chômage, oui, nous faisons un métier formidable. Mais est-ce une raison pour tout supporter, parfois jusqu'au burn-out ?
Ne nous plaignons pas, d'accord. Mais ouvrons les yeux.
Derrière l'image d’Épinal de la gentille dame qui travaille à son compte, derrière les idées reçues des praticiens libéraux gavés de pognon, il y a, comme dit Boulet, le parpaing de la réalité qui vient écraser la tartelette au fraises de nos illusions.
Le coup de la vie augmente, les charges aussi, mais nos honoraires, non.
Indépendamment de cela, nos vies, faites elles-aussi d’aléas divers et variés, connaissent le chômage de nos conjoint-e-s, la maladie, le burn-out... Et là, tout s'effondre. 


Aujourd'hui, je ne viens pas me plaindre, juste demander de l'aide pour deux consœurs qui sombrent. Parce que oui, quand tu es orthophoniste et que tu es au fond du trou, y'a pas grand chose de prévu pour te sortir de là. Y'a rien, en fait. A se demander à quoi servent toutes ces cotisations à la CARPIMKO, à l'URSSAF, à la prévoyance que l'on verse tous les mois. Curieusement, on rentre toujours dans les bonnes cases pour payer, mais jamais pour recevoir. 



Elles sont deux, aujourd'hui, pour lesquelles un élan solidaire se met en place sur les forums d'orthophonistes et les réseaux sociaux. Deux orthophonistes qui, le rouge au front, sont venues lâcher sur internet leur trop plein de tout, leur trop plein de rien, leur malaise, leur désespoir, avec, en plus, parfois, la honte de ne pas s'en sortir malgré tout ce que l'on dit de leur si beau métier, de leur si enviable situation. 
Elles sont deux à avoir franchi la ligne, combien d'autres ne le font pas mais en auraient tout autant besoin ? Les orthophonistes ne sont pas de pauvres petites choses à plaindre, loin de là. Mais ils ne sont pas non plus à envier. Il y a un juste milieu dont beaucoup ne se rendent pas compte. Ne veulent pas se rendre compte. Pensons un peu aux p'tits Ethiopiens, encore une fois... 




Alors pour Charlotte et pour Perrine, un don, petit, ou même un mot de soutien, c'est important. Pour qu'elles ne restent pas seules, pour qu'elles trouvent les moyens de donner ce petit coup de pied salutaire qui leur permettra de remonter à la surface. 


https://www.leetchi.com/c/solidarite-avec-charlotte-tassin
http://www.leetchi.com/c/aide-pour-perrine-dubois

Et partagez, aussi, s'il vous plait.
Non seulement pour Charlotte et Perrine, mais aussi pour libérer la parole.
Merci à vous.

mercredi 12 novembre 2014

Pouet pouet camembert ! #VisMaVie #Orthophoniste #MonBanquierEstMonAmi

Alors voilà, ma petite note de la semaine dernière sur le coût hallucinant d'un bilan orthophonique a fait pas mal réagir (pas ici, mais sur les réseaux sociaux, parce que oui, figure-toi, j'ai un réseau social, c'est fou).
Des réactions d'orthophonistes, bien sûr, mais aussi de tout plein de gens qui n'avaient visiblement pas idée du quotidien et du "coût de revient" de la pratique orthophonique. Les premièr-e-s ont surtout répondu "Ouf, j'me sens moins seul-e !", et les seconds plutôt des remarques oscillants entre "Sans déconner ? Mais je pensais que..." et "Ouais, ouais, c'est ça, faudrait vous plaindre en plus ?" (note que je pense que ces derniers n'ont pas du lire la note en entier, m'est avis qu'un bilan de compréhension du langage écrit s'impose, mbref...).

Une consœur a posté sur facebook un diagramme de ses dépenses et revenus, et tout de suite c'est plus clair qu'un long discours, alors je me suis dit que j'allais en faire un aussi, tiens. Mais alors attention, quand je décide de faire un diagramme, je ne rigole pas : quitte à me déprimer en objectivant le faible pourcentage de ce que je me garde en poche par rapport à mes honoraires, autant le faire bien ! J'ai sorti mes bilans comptables de ces 3 dernières années, et j'ai tout bien mis dans un chouette tableau excel, en pourcentage d'utilisation des recettes perçues.
Ouah, t'as vu comme je cause bien et tout ? On croirait presque que je suis une pro de la gestion budgétaire. Alors que que nenni nenni du tout. C'est ma comptable qui a fait tout ça, moi, je sais pas faire. Il parait qu'avec les logiciels de comptabilité associés à nos logiciels de télétransmission c'est easy-les-doigts-dans-l'nez et tout, mais je crois que je fais un rejet. Donc, j'achète ma tranquillité d'esprit en payant quelqu'un qui kiffe faire ce genre de calcul (ça me dépasse, mais y'a des gens que ça branche, je te jure que c'est vrai).

Alors voici pour vous, mesdames-zet-messieurs, un chouette camembert de l'utilisation en pourcentage de mes recettes, avec un beau tableau explicatif et tout, TA DAAAAAH !

Gestion 2011/2013
J'ai même mis en évidence par un subtil jeu de couleurs super moches mais j'arrive pas à les changer les différences significatives entre 2011 et 2013 (et je réactualiserai pour 2014 si tu veux) : pfouaaaaaaa ! Mais dites donc, les impôts n'auraient-ils pas presque doublé ? Et les charges sociales augmenté de près de 25% ? Ben tu m'étonnes, du coup, que mes revenus à moi aient diminué autant, en passant de 48%  à 39%...

Ce qui signifie, au cas où ça ne serait pas encore très clair malgré ce splendide calendos, que sur 100€ d'honoraires que mes patients me versent, je ne garde en moyenne sur ces trois dernières années que 48€ ! 
Et bien sûr, n'oublie pas que ces 48€ là, ça n'est pas mon salaire net, hein... Non, non, non. Là dessus, je dois mettre de côté pour les congés (toujours sans solde pour nous) et les arrêts maladie (les miens, ceux des enfants...), bref, pour toutes ces journées où je ne peux pas travailler (parce que pas de bras, pas de chocolat, et pas de travail, pas de pépettes !), mais aussi : il faut mettre de côté pour les mois "sans", parce que les revenus ne sont pas réguliers dans le temps. Et c'est logique :  en période de vacances scolaires, non seulement il arrive que nous, orthophonistes, on en prenne, des vacances (non mais franchement, quelle idée...), mais même si on n'en prend pas, nos patients, eux, si ! Du coup, ils ne viennent pas. Et pas de bras, pas de chocolat !
Mais aussi, et ça, toi-même tu sais, ouaich, y'a des périodes de l'année où ça fait crac-boum-huuuu, mon pactole tombe à genoux : taxe d'habitation, taxe foncière, avis d'imposition... Tout pareil pour les orthophonistes ! Avec, en plus et à la même période : régularisation URSSAF, 4ème appel de cotisations, voici venu le temps des râles et des "pan !"...
Septembre, novembre, janvier : notre calendrier est jalonné de périodes critiques où nos réserves de sous fondent comme neige au soleil en attendant des jours meilleurs... Alors autant te dire que les mois où on remplit la colonne "recettes", on évite de se la jouer grande classe au palace, non, non, non, on joue plutôt à la petite fourmi même pas drôle avec sa frousse de manquer et son sens de l'économie qui frise la radinerie. Et désolée pour les cigales...

Bon, ceci dit, même si ce diagramme là rend bien compte de la réalité de mon exercice, il n'en reste pas moins qu'il s'agit là de mon camembert à moi, et que, comme le corbeau, je partage pas, na. Parce que si tous les orthophonistes payent des charges sociales, des impôts, un loyer et autres frais impondérables, tout le monde n'a pas les mêmes frais de gestion en fonction de ses choix (équipements, fournitures, formations, frais de gestion...). Il y a donc quand même des variables interpersonnelles qui modifient le montant final des excédents (punaise, c'est beau comme formulation, ça fait pro et tout !).
Mais enfin, comme tu le vois, quand je te dis que à peine la moitié de nos honoraires finit dans notre poche, je ne suis pas si loin du compte...
Sur ce, mesdames-zet-messieurs, je m'en vais aller déprimer un moment, et me changer les idées en tapant quelques uns de mes nombreux comptes-rendus de bilan en retard, joie...

Si tu veux bien, la prochaine fois, je te parlerai de notre système de retraite et d'assurance santé, tiens ! Tu vas voir, c'est hyper funky aussi ! Joie, bonheur et pâtes au beurre !
Et puis tiens, aujourd’hui un confrère a partagé cet article, de quoi nous remonter le moral à fond les ballons, youhouuuuu !

samedi 8 novembre 2014

Soixante euros.

"Ah non, pas de dessert tant que tu n'as pas fini ton assiette ! Pense un peu aux p'tits Éthiopiens qui n'ont rien à manger !"
Oui, quand j'avais l'âge pour qu'on essaye de me convaincre de finir mon assiette à coup de culpabilité, les Éthiopiens étaient en vogue. Bizarrement, cet argument là n'a jamais fonctionné. Je n'avais soudainement plus faim du tout. Non, même pas pour le dessert. Par contre j'avais très envie qu'on leur envoie les restes, aux p'tits nenfants affamés. Trois cuillerées à soupe de pâtes au fromage, une tranche de pain à moitié grignotée et mes trois petits Gervais, même celui avec mon parfum préféré (la banane). Par la poste, hop, direct en Éthiopie. Oui, à sept ans, on n'est pas très pragmatique.
Trente ans plus tard non plus. En tout cas, l'argument culpabilisant du "y'a pire ailleurs alors ne te plains pas", je l'entends toujours. Faut croire que ça marche... Mais toujours pas sur moi. C'est même l'effet inverse. Ça me donne envie de crier et de râler pour deux, ou plus : déjà qu'il y a un truc qui cloche, mais en plus y'a pire ? Ben faut que ça change alors ! Pour moi, pour les pires, et même pour les mieux qui sont sans doute pas si mieux que ça, puisqu'on trouve toujours, toujours des encore plus mieux...

Bref, soixante euros.
Florilège :
"Ah ben ça va, vous ne vous embêtez pas !"
"Ah bon, faut vous payer ?!"
"Mais... Avec la part mutuelle ou pas ?"
"Oh ben dites, c'est pas cher..."
"Vous faites le tiers payant ? Parce que bon, quand même..."
"Vous pouvez attendre pour encaisser le chèque ?"
"Ah ben ça n'a pas augmenté, si ? J'ai l'impression que c'était pareil la dernière fois."
"Pfff... T'as vu combien tu me coûtes ?!"


Soixante euros, donc.
Il entre avec sa maman, qui t'explique que c'est sa maitresse qui a conseillé de venir parce que c'est dur d'écrire.
Elle s'installe, toute seule, sort un gros dossier médical qui retrace toutes ces longues années de combat contre une maladie qui la prive de voix aujourd'hui.
Ils se tiennent par la main, 130 ans à eux deux, on dirait des enfants, l'un des deux à ce regard vague et détaché, l'autre est inquiet et te tend l'ordonnance du médecin sur laquelle tu lis "démence de type Alzheimer".
Il ne tient pas en place sur sa chaise, te regarde du coin de l’œil tandis qu'il vide les boites de jeux, montre du doigt tout ce qu'il veut, crie, tire sur la manche de sa mère, pleure, mais ne dit pas un mot.
Il est très calme, bien droit sur sa chaise, il recoiffe ses cheveux grisonnant du plat de la main, te demande si tu vas pouvoir faire quelque chose, parce que bon, c'est plutôt pour les enfants, non ?
Elle est venue avec sa fille parce qu'elle a peur de ne pas comprendre, même avec les appareils c'est dur, alors sa petite de 14 ans t'explique qu'elle voudrait apprendre à lire sur les lèvres pour ne pas se retrouver complètement isolée.
Il reste en retrait, vautré sur sa chaise, les mains dans les poches et l'air boudeur, tandis que sa mère t'explique qu'il ne fait rien en classe, qu'il s'est fait virer trois fois du collège, mais que son prof' principal pense que peut-être y'a autre chose.
Ils sont tous les deux assis en face de toi, leur grand bébé dans son cosy entre eux, lui a les lèvres pincées et des cernes immenses, elle essuie les larmes qui roulent en silence sur ses joues tandis que tu observes ce petit enfant qui porte sur son visage les traits de sa maladie incurable.

Et puis, ils parlent, parlent, parlent, de ce qui les amène ici, de leur vie, de leurs inquiétudes, de leurs espoirs.
Toi, tu écoutes, tu prends quelques notes, tu poses des questions en essayant de ne pas donner à cette échange des allures d'interrogatoire. Tu pèses tes mots, tu essaies de ne pas induire les réponses, de ne pas émettre de jugement, juste d'accueillir la parole, qui parfois ne veut pas venir.
Tu lis l'ordonnance, les documents médicaux, le mot de l'enseignant, les comptes-rendus d'autres professionnels, le carnet de santé.
Tu essayes d'organiser tout ça, de trouver le bon fil à tirer pour dérouler la pelote, sans faire de nœud.
Tu parles aussi : tu expliques, tu rassures, tu préviens, tu indiques ce que tu fais, comment, pourquoi...

Et puis tu passes aux tests. Tu sors de ton tiroir les fiches que tu as préparées tout à l'heure, les feuillets à remplir, les grilles de cotation. Tu présentes des planches d'images, des textes, des feuilles blanches, lignées, à carreaux, des stylos et des feutres de toutes les couleurs, des cubes, des cartes colorées ou des pictogrammes stylisés, des jetons, un verre d'eau, un miroir de poche, des jouets, ton chronomètre.
Les feuilles volent, le bureau se transforme en joyeux capharnaüm, tu griffonnes un mot par ci, un dessin par là, tu prends des notes, tu calcules, tu compares...
Parfois, tu n'as pas le temps de tout faire. Ou il est trop fatigué, mieux vaut s'arrêter là. On va se revoir, on continuera à ce moment là. Tu sors ton agenda, tu fais ton possible pour trouver un autre créneau, là, vite. Tu donnes un nouveau rendez-vous. Ils reviennent. Tu continues.
Puis tu expliques à nouveau. Les résultats, tes conclusions, tes propositions. Tu leur demandes leur avis, si tu as été assez claire, s'ils ont besoin de plus d'explications, s'ils veulent y réfléchir.
Tu leur dis aussi que tu vas faire un compte-rendu, que tu vas l'envoyer au médecin. Il y a tout un tas de démarches à faire encore, mais ça va, tu vas t'en occuper. Les courriers, les coups de fil, les bordereaux à remplir : c'est ton boulot.
Ils te tendent la carte vitale, tu la glisses dans ton lecteur, pianote sur ton clavier : "Ça fait soixante euros s'il vous plait. Vous préférez par chèque ou en espèces ?"

Soixante euros, donc.
Une heure trente à deux heures de bilan, parfois en plusieurs fois, parfois plus, rarement moins. Un dossier à traiter, des tests à coter, un compte-rendu à rédiger, souvent des appels à passer.
Allez, soyons fous : comptons trois heures. C'est très optimiste comme calcul. Et ça nous amène quand même à vingt euros de l'heure. Vingt euros d'honoraires. Tu enlèves les charges. Paf, dix euros. Là dessus, n'oublie pas que tu n'as ni congés payés, ni indemnités pour maladie. Donc, t'as intérêt à mettre un peu de côté, des fois que tu aies envie de prendre un peu de vacances ou que tu aies la très mauvaise idée de tomber malade...
Moins de dix euros de l'heure, donc, au final. Bien moins.

Soixante euros le bilan orthophonique. "Ah ben ça va, vous ne vous embêtez pas !" Hmmm...
Rha la la, ces praticiens libéraux, quelle bande de joyeux privilégiés, n'est-ce pas ?

Un, deux, trois... Plein. Trop de dossiers qui attendent leur CRBO.

Orthophoniste en libéral, j'en ai de la chance, oui.
J'ai un boulot, le chômage, je ne sais pas ce que c'est, par contre l'emploi du temps qui déborde et l'incapacité à répondre à toutes les demandes, la culpabilité, les journées de presque douze heures et la fatigue, ça, oui, je connais.
Mais moi, je peux choisir mes horaires, non ? Bien sûr. Les patients n'ont jamais aucune contrainte ni exigence, ils viennent quand on veut, quelque soit l'horaire qu'on leur propose ! Ah ah ah...
Oh, eh, ça va, je peux prendre tes vacances quand je veux aussi ! C'est bien ça, non ? Oui, c'est sûr, c'est bien. Je peux même prendre 6 mois de vacances dans l'année, si je veux. Des congés sans solde, en fait. Et puis quand je prendrai ma retraite, à 67 ans, après 46 années de bons et loyaux services, je pourrai profiter de la vie, avec ma pension annuelle de... Ah oui, mince, de 30 à 40% de mes revenus annuels. J'oubliais. Un détail.

Mais je n'ai pas à me plaindre, pas vrai ? Il y a tellement de gens au chômage... Tellement de gens qui font des métiers bien plus pénibles... Tellement de travailleurs moins bien payés...
Pensons un peu au Éthiopiens, tiens.

Soixante euros, screugneugneu !!! Bon sang, est-ce que ça semble si cher, si bien payé, quand on le décortique un peu ?
Et tu sais quoi ? Soixante euros, c'est aussi la prodigieuse somme qu'un orthophoniste touche en plus du SMIC par mois quand il travaille en hôpital en début d'exercice. Avec un BAC+5 en poche.



Je me sens très schtroumpf grognon, ce soir... Et ça ne va pas s'arranger avec les 5 comptes-rendus que j'ai à taper pour lundi et le 4ème appel de cotisation de l'URSSAF à payer dans la semaine.
Voilà, voilà. C'était la note déprimante du jour, bonjour !
Vous pouvez reprendre une activité normale.
Ou poursuivre la réflexion en allant lire le très bon texte de Martine (hélas remanié par une journaliste qui aime le sensationnel) ici :
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1269469-mari-artiste-dette-de-6-000-euros-apres-28-ans-a-travailler-je-suis-degoutee.html

dimanche 2 novembre 2014

Cthulhu is my first crush . . . #head-band #broche #coiffure


                                                             ... et dans Lovecraft, il y a "love", je dis ça, je dis rien.

Un jour, une amie m'a dit que j'étais "socialement tentaculaire", et c'était un compliment (si, si...).
J'ai toujours aimé Jules Verne, et 20000 lieux sous les mers a longtemps été un de mes romans favoris. D'ailleurs, l'univers Steampunk s'accorde à merveille avec les tentacules et tout le petit monde Jules Vernesque. Mon tout premier amigurumi, c'était un Cthulhu violet, puis un vert.

Bref, j'aime les poulpes, les pieuvres, en plus ce sont des bestioles hyper intelligentes, et je pense surtout que, dans une autre vie, j'ai du être une de ces bébêtes aux multiples bras, capables de faire 36 choses à la fois. Ou en tout cas j'aimerais encore avoir cette capacité parce que Trop d'envies pour une seule vie comme dit ma copine ZeC, elle aussi fan de tentacules.

C'est d'ailleurs pour elle que j'ai fait mon dernier head-band, mais je ne sais pas si elle en porte, c'est ballot...
Bref, hier, après avoir rangé mon atelier, une bonne partie du sous-sol et réorganisé mon coin à bidouille (si, si, tout ça en moins de 3h, je te jure, tout est bon pour ne pas faire de CRBO...), j'ai bidouillé un ruban-à-tête - traduction littérale de "head-band", c'est moche - spécial Cthulhu !


Donc, voilà un head-band, bidouillé avec une belle breloque argenté, de l'élastique, des rubans et de la chaînette.
Les head-bands, même si j'ai encore une fois fait couper mes cheveux (je crois qu'il faut que je m'y fasse, je n'aurais jamais les cheveux longs...), j'en mets quand même de temps en temps pour me faire une coiffure chic quand ma tignasse en pagaille a besoin d'être raccord avec la robe de soirée : le chignon-rouleau, également appelé "hair-roll" (parce que dès qu'on le dit en anglais, c'est plus classe tavu !). Bon, je n'ai pas de photo, là, mais mes coporthos présentes au congrès de Nantes témoigneront (ou pas).


 Or donc, un head-band, le dernier d'une longue série, parce que les head-bands sont très à la mode mais coûtent un p'tit peu la peau de l'arrière du genou pour ce que c'est. Parce que quand même, rappelons-le, un head-band, ça n'est rien d'autre qu'un long morceau d'élastique décoré. D'ailleurs, pour mes autres head-bands, je me contente d'un large morceau de bande élastique cousu en cercle auquel j'accroche une broche, ou dans lequel je glisse une chaînette à maille large, et ça va très bien comme ça !


Du coup, zou, j'en profite pour te montrer une broche réalisée avec une capsule de "what else ?" scrabouillée et décorée dont je ne suis pas peu fière...



Voili, voilou.
Donc, maintenant, y'a plus qu'à vérifier si ZeC porte des head-bands (ou si elle compte si mettre, du coup), sinon, je vais être o-bli-gée de le garder. Zut alors...

jeudi 30 octobre 2014

perles et fil-de-fer, bidouillage cadeau d'anniversaire !

La dernière note, c'était pour Gisèle.
Cette note-ci ? C'est pour Gisèle aussi !
Non mais vraiment, c'est n'importe quoi ce blog...
Nafout', j'ai le droit, c'est le mien.



Petite note express, donc, pour tenir à jour ma liste des bidouillages fait, en cours ou en projet : pour l'anniversaire de Gisèle, j'ai fait un petit bracelet !
En fil de fer, comme d'hab', et pris en photo avec mon smartphone, donc photos pourries, désolée...

Voili, voilou.
Sur ce, j'y retourne, j'ai tout plein de trucs en attente, là.
De quoi alimenter ce blog pendant quelques jours semaines mois (soyons fous !).
Mais plus tard, parce que là, j'ai vacances !

mardi 21 octobre 2014

Toi ! Oui, toi, là-bas ! Je t'ai vu-e !

Omagad, 2 notes en 2 jours, c'est inespéré, cotillons et champagne !
Mais ne nous emballons pas...
Cette petite note, c'est juste pour Gisèle.
Mais si tu ne t'appelles pas Gisèle et que tu débarques sur ma page, tu peux lire la suite quand même, hein !
Alors voilà, Gisèle, si tu lis ces quelques lignes, c'est que youpi tu as enfin trouvé un petit peu de temps pour te balader sur le grand méchant internet ! Et tu m'en voies ravie. Tu m'as demandé tout à l'heure ce qu'il y avait sur mon blog, je m'en vais donc te l'expliquer de ce pas, et hop, visite guidée !

Mais céquoidonc ce blog ?

Ce blog, c'est ma petite page personnelle à moi, au départ juste un moyen de référencer ce qui me plaisait sur le net et de le retrouver rapidement, de n'importe quel PC. A l'époque (et ça ne nous rajeunit pas tout ça ma brave dame), les smartphones n'existaient pas, les systèmes-cloud non plus et je n'avais de connexion internet que sur mes 2 PC fixes (à la maison et au bureau). C'était donc un moyen assez pratique de retrouver les sites, les liens, les infos que je voulais garder sous la main.

Et puis ça a changé, petit à petit. J'y ai mis des photos, des brèves de vie, des commentaires, des petits textes... C'est devenu le Sécoland-bis, un petit coin d'internet rien qu'à moi, ah, vanité !

Aujourd’hui, de plus en plus ici je parle de mon métier, de ces moments de grâce ou d'énervement maximum lvl over 3000 qui font mon quotidien d'orthophoniste (oh oui que je l'aime mon job !), et de mes bidouillages, couture/tricot/bijoux/crochet/etc..., un book géant qui m'assure des chevilles incompatibles avec le port de bottes, mais je me soigne.

Alors en gros, on fonction de ce que tu recherches, tu peux utiliser plusieurs outils :

- pour les bidouillages : les albums photos (dans la colonne de droite). En cliquant dessus, oh joie ! Des tas de belles nimages apparaissent, livrant pêle-mêle mes productions tissus, papier et fil de fer...




- pour les bidouillages toujours, histoire d'avoir les informations et les p'tites notes qui accompagnent les photos des albums, tu peux cliquer dans le nuage de catégories et choisir celle qui te plait : "bidouillage" (oui, bon, d'accord...) mais aussi plus précisément sur "crochet", "bijou", "fil de fer", "calligraphie"...



- pour les autres thèmes (orthophonie, nouvelles, jeux vidéos...), c'est pareil, tu cliques sur le nuage de catégories, et tu te promènes !

- il y a aussi un outil de recherche, mais alors franchement, même moi qui sais précisément ce que je cherche, je ne trouve pas toujours, c'est dire... :/

- enfin il y a la BCD de Séco, sorte de fourre-tout de documents divers et variés (des tutos, des nouvelles, des fichiers à télécharger...) et les archives, où tu peux retrouver tout les articles déjà publiés par date (et il y en a un paquet !).


Ceci dit, sur ce blog il n'y a pas tout...
Et non, cette page-ci n'est pas la page originelle du Sécoland : avant, il y a eu diverses tentatives de lien en flash, de blogs bizarroïdes et enfin un blog chez "hautetfort" qui a vu sa fin arriver avec le grand bug du programme "changer de vi(ll)e 2.0". Je n'ai pas encore eu le temps, ni le courage, de tout copier/coller de cet ancien blog vers le nouveau, celui-ci...

Mais en attendant la suite du transfert (un jour, peut-être !), voici quelques liens de mon vieux blog :

Voilà, voilà...

Il y a aussi, quelque part sur la toile, un blog participatif d'écriture que nous tentons de tenir avec ma copine ZeC, il a des tentacules qui lui poussent, là, ou plutôt qui repoussent, façon queue de lézard, on y croit !
ZeC, t'as retrouvé les codes ? :p

Bonne balade, belle visite, et à très bientôt.
Et des bisous, en passant !

lundi 20 octobre 2014

Les bateaux, les rames, les pilotes... et nous.

- Séco, Sécooooo !!!
Il est là, sur le trottoir, à me faire de grands signes des bras, à m'appeler, avec un sourire à tomber. Ça faisait si longtemps que je ne l'avais plus vu ! Il a, quoi, 16, 17 ans maintenant ? La dernière fois que je l'ai eu en face de moi, de l'autre côté du bureau et pas de la rue, il avait 4 ans de moins, et ça faisait autant d'année ou pas loin qu'il venait me voir toutes les semaines.
Je suis en voiture, je baisse la vitre et lui rend son salut :
- Hey salut Geoffrey, comment ça va ?
- Bien, bien ! Et toi ?

Mince, le feu passe au vert !
- Bien, bien ! Ça me fait plaisir de te voir !
La file de voitures avance déjà, la mienne suit le flot, doucement mais inexorablement... Geoffrey continue à me sourire et me lance :
- J'ai pas oublié, Séco ! Les rames ! Les rames !!!
Et il mime le rameur en plein effort, là, sur le trottoir, avec un sourire jusqu'aux oreilles, tandis que je m'éloigne. J'éclate de rire. Les rames ! Bien vu, Geoffrey !



Les rames...
Parfois, un petite histoire est plus efficace qu'un grand discours. Et moi, j'aime bien raconter des histoires. Aux petits, aux moyens, aux grands...
Oui, même aux grands.
Surtout aux grands !
Aux grands qui ont toujours un enfant caché à l'intérieur quelque part... Un enfant qui aime écouter des histoires.

Il y a des patients parfois difficiles à motiver. Ils viennent, mais préfereraient être ailleurs. On leur a dit qu'il fallait venir, que c'est important, tout ça... Mais bon, au fond d'eux, ils n'y croient pas trop.
Ou ils y croient trop : l'orthophoniste, petite fée, d'une formule magique va régler tous leurs problèmes. Il n'y a qu'à être là, et ça va aller tout seul.
A ceux là, je raconte une histoire... Une petite histoire toute simple. L'histoire du petit bateau et des rames.


Alors voilà... Apprendre à parler, à lire, à écrire (au choix, ou tout à la fois !), c'est comme faire une promenade en bateau. Tu es bien, là, tranquillement installé dans ton petit bateau, il fait beau, l'eau brille sous le soleil, les oiseaux gazouillent, les remous te bercent doucement, sur la berge une biche gambade derrière un papillon multicolore (oui, oui, allons-y carrément !), encore un peu et une bande son tirée tout droit d'un album de Nature et Découvertes va retentir de nulle part. Bref, c'est plutôt cool, la vie, sur ton petit bateau qui suit le fil de l'eau, tranquillou-bilou...
Mais parfois, c'est pas si simple. D'abord, ça caille un peu, y'a du vent et peut-être qu'il va bientôt pleuvoir. Ça fait des remous, ton petit bateau va n'importe où, et en plus, là-bas, y'aurait pas des rochers qui affleurent ? Te voilà bien... Je rêve ou la musique d'ambiance ressemble à s'y méprendre à la BO de Chucky ? Ah ouais, là, ça craint... Va falloir agir.
Ça tombe bien, là, regarde, au fond de ton bateau : y'a des rames !
Cool, avec des rames, on peut diriger le bateau, lui faire éviter les rochers, et même le faire arriver plus vite à destination. Mais les rames, ça ne marche que si on s'en sert. Ben oui, si t'as des rames mais que tu les laisses au fond du petit bateau, ça lui fait une belle jambe, au bateau ! (Maman les p'tits bateaux qui vont sur l'eau ont-ils des jambes ? ... Maintenant, on sait !) Donc, les rames, c'est chouette, mais seulement si tu les utilises, va falloir souquer ferme, moussaillon !
Et bien tu sais quoi ? Toi, t'es le petit marin. Et moi, je suis les rames. Je ne peux pas faire à ta place. Mais je peux t'aider. Si tu veux bien que je t'aide. Mais c'est à toi d'utiliser les aides que je t'apporte. Parce que ça non plus, je peux pas le faire à ta place.
Mais tu vas voir, à nous deux, ce petit bateau, on va l'emmener à bon port. Oh, je te dis pas que le voyage sera toujours super cool. Des fois, tu vas ramer. Et moi, je vais me mouiller tu sais. Mais au final, on va faire un beau voyage, toi et moi, et quand on aura amené le bateau à destination, tu pourras vraiment être fier de toi. Parce que sans les rames, c'est plus dur. Mais sans marin, c'est carrément impossible.
On y va ? 



Alors on peut aussi prendre un air super sérieux, poser les coudes sur la table et joindre les bouts des doigts derrière un regard pénétrant, et dire un truc du genre :
"Nous allons construire votre projet thérapeutique ensemble, je suis là pour vous aider à mener ce projet à son aboutissement, mais sans votre investissement et votre participation active ce travail est voué à l'échec".
Ça veut dire la même chose, mais en pas pareil.
Et puis moi, j'aime vraiment bien les histoires...






Les images de cette notes sont tirées de ce livre là   ->
Petite merveille que je lis encore trèèèèès souvent aux monstroplantes au moment de l'histoire du soir...

"Le petit bateau de petit ours" de Eve Bunting et Nancy Carpenter, éditions Pastel, École des loisirs.






Et puisqu'on parle bouquinage et livre adoré, faut que je te raconte !
La semaine dernière, au 26ème congrès scientifique international de la Fédération Nationale des Orthophonistes (ouais, ça pète, hein ?!), Martin Winckler est venu parler aux orthophonistes du rapport entre soignant et soigné. Une rencontre plus qu'une conférence, des réflexions justes et des brèves de vie qui donnent à penser, avec juste ce qu'il faut d'émotion et de rire... à l'image de ses livres en quelque sorte (Que si tu les a pas lu, fais le ! Tu me remercieras plus tard !).


De Martin Winckler, j'ai lu tout ce que j'ai trouvé : les romans, les essais, les nouvelles, les articles. Je suis une fan inconditionnelle. Carrément. Et la semaine denrière, je... Je... Je lui ai parlé ! HIIIIII !!!
Quand il a eu fini de nous expliquer sa vision des grains de sable qui font de la résistance dans les rouages bien huilés des organisations officiellement thérapeutiques et officieusement de pouvoir, le micro s'est promené dans la salle, pour permettre aux zauditeurs zébahis de causer avec ze grain de sable suprême. Sache que j'ai réussi à choper le micro sans trépigner trop sur mon siège, et que j'ai réussi à parler sans baver et en retenant le "je vous aime !" qui ne demandait qu'à s’échapper de mes lèvres. J'ai même posé une question réfléchie (qui a donné lieu à une réponse-prescription pour le moins étrange mais néanmoins censée !) avant que le masque ne tombe et que la fan-girl qui sommeillait en moi - pas très profondément il faut l'avouer - ne prenne la place. Misère. Rien qu'à y repenser, je sens le rouge me monter aux joues. Le ridicule ne tuant pas, je suis encore là aujourd’hui pour te dire que, au moins, et tralalou, j'ai une dédicace de Martin Winckler sur mon livre préféré : "le chœur des femmes" (je t'en avais déjà parlé , tu te rappelles ?).
Voilà. Je suis joie et allégresse.
Et c'est pas tout.




Je suis connexion cosmique avec mon écrivain favori (à égalité avec Terry Pratchet et John Irving, oui, c'est hétéroclite mais c'est chouette). Ouep. Carrément.
Parce que la semaine dernière, Martin Winckler nous a parlé du rapport soignant-soigné, et il a comparé la position de soigné à celle d'un marin dans son bateau, et celle du soignant au pilote du bateau. Si. J'te jure c'est vrai. Tout pareil que moi, ou presque. La même chose en pas pareil, encore une fois. Han ! J'en croyais pas mes zoreilles !




Tu sais quoi ? Je sens que cette histoire de rames, je vais encore la raconter. Beaucoup. Souvent. Et à chaque fois maintenant, je me dirai que oui, moi aussi je suis un grain de sable. Comme Martin Winckler.